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Amanite tue-mouchesToxique

Champidex Catalogue Amanite tue-mouches

amanites

Amanite tue-mouches

Amanita muscaria

Aussi appelée Fausse oronge · Amanitaceae, genre Amanita

Amanite tue-mouches (Amanita muscaria)

Trois exemplaires d'âges différents : chapeau rouge couvert de flocons blancs, anneau et pied blancs, base bulbeuseHolger Krisp · CC BY 3.0

Identité et caractères

Toxique

Toxique. Les principes actifs sont l'acide iboténique et le muscimol, auxquels s'ajoute la muscazone. Un seul chapeau contient de l'ordre de 6 mg de muscimol ou 30 à 60 mg d'acide iboténique ; les exemplaires de printemps et d'été en contiennent jusqu'à dix fois plus que ceux d'automne.

Les symptômes apparaissent 30 à 90 minutes après l'ingestion, culminent en trois heures et régressent en général en 12 à 24 heures : nausées, contractions musculaires, somnolence, distorsions visuelles et auditives, euphorie, ataxie, délire, hallucinations, et dans les cas sévères convulsions ou coma.

Des décès sont documentés historiquement, mais la mortalité est aujourd'hui extrêmement rare avec une prise en charge médicale. Ce n'est pas une raison d'en consommer : la dose active et la dose dangereuse sont mal séparées, et la teneur varie fortement selon la saison et l'exemplaire.

Le nom « tue-mouches » vient de l'usage ancien consistant à en faire macérer des morceaux dans du lait pour attirer et étourdir les mouches.

Signes d'alerte

Anneau présentVolve présente

Saison

août à novembre

Altitude — 3331 relevés

Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs.
SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)

Risques de confusion — 1 espèce

Amanite tue-mouches

Amanita muscaria

Oronge

Amanita caesarea

Excellent

Hyménium — ne distingue pas

Amanite tue-mouches : Lames
Oronge : Lames

Anneau — ne distingue pas

Amanite tue-mouches : Présent
Oronge : Présent

Volve — ne distingue pas

Amanite tue-mouches : Présent
Oronge : Présent

Les deux ont un chapeau orangé à rouge et sortent aux mêmes saisons. Quatre caractères les séparent, et il faut les lire ensemble parce que le premier peut manquer. Les flocons : l'amanite tue-mouches porte de gros flocons blancs sur le chapeau, l'oronge a un chapeau nu et lisse, mais une forte pluie peut laver les flocons et ce critère seul ne suffit donc pas. La couleur des lames, du pied et de l'anneau : d'un jaune vif chez l'oronge, blancs chez l'amanite tue-mouches. C'est le critère le plus fiable. La volve : un sac blanc entier et bien formé chez l'oronge, réduite à deux à quatre bourrelets ou cercles d'écailles chez l'amanite tue-mouches. La marge : striée chez les deux, plus nettement chez l'oronge.

Voir la fiche : Oronge

Description

Le champignon le plus représenté de l'imagerie populaire : chapeau rouge écarlate moucheté de flocons blancs, anneau blanc en jupe, pied bulbeux. Il est toxique, et sa notoriété joue contre lui : beaucoup le croient mortel, d'autres le croient anodin parce qu'il est familier. Ni l'un ni l'autre.

Ses toxines sont l'acide iboténique et le muscimol, qui agissent sur le système nerveux central : troubles digestifs, somnolence, désorientation, hallucinations, parfois convulsions. Les décès sont historiquement documentés mais devenus extrêmement rares avec la médecine moderne.

Sa véritable importance dans un catalogue est ailleurs : c'est le sosie de l'oronge, excellente comestible. Les deux sont orangées à rouges ; ce qui les sépare est le détail.

Chapeau — 4 à 20 cm, rouge écarlate à rouge orangé, se décolorant parfois vers le jaune sur les bords avec l'âge ou la pluie. Couvert de gros flocons blancs cotonneux, restes du voile que la pluie peut emporter, ce qui rend le critère faillible. Marge finement striée.

Pied — 8 à 25 cm, blanc à jaune très pâle. Base bulbeuse portant une volve réduite à des bourrelets ou écailles concentriques, deux à quatre anneaux successifs, et non à un sac. Anneau blanc membraneux, ample, retombant en jupe et persistant.

Chair — Blanche, teintée de jaune orangé sous la cuticule. Saveur faible, un peu herbacée ou de noisette.

Odeur — Faible.

Habitat

Forêts de conifères comme de feuillus, sous épicéa, sapin, hêtre et surtout bouleau, avec lequel l'association est classique. Sols plutôt acides. Très fréquente en Suisse, de la plaine à la montagne.

En symbiose avec

Bouleau BetulaÉpicéa Picea abiesSapin blanc Abies albaHêtre Fagus sylvatica

Galerie

Amanite tue-mouches (Amanita muscaria)

Deux exemplaires sur litière de conifères, un jeune et un étalé : chapeau rouge densément moucheté de flocons blancsAlberto Cemborain · CC BY 3.0

Amanite tue-mouches (Amanita muscaria)

Vue de profil sur mousse : anneau blanc en jupe et base bulbeuse cerclée de bourrelets, à la place d'une volve en sacScott Darbey · CC BY 2.0