Champidex Lexique
Lexique
Les mots que le catalogue emploie, expliqués sans en employer d'autres. Chaque entrée indique sur combien de fiches le terme apparaît, parce que c'est ce qui a décidé de sa présence ici : ce lexique explique le vocabulaire que vous allez réellement croiser, pas celui d'un manuel.
Les parties du champignon
De quoi on parle quand on décrit une espèce, du chapeau à la base du pied.
- Carpophore (ou sporophore)35 fiches
- La partie visible du champignon, celle qu'on ramasse : chapeau, pied et dessous du chapeau réunis. Ce n'est pas l'organisme entier, seulement sa fructification, comme une pomme sur un pommier. Le reste vit dans le sol, c'est le mycélium.
À savoir : le glossaire de MycoDB donne « carpophore » pour un terme ancien et caduc, et lui préfère « sporophore ». Le catalogue l'emploie encore par habitude, et gagnerait à dire simplement « le champignon ». - Hyméniumaffiché sur les 60 fiches
- La surface qui fabrique et libère les spores, sous le chapeau. C'est elle qui prend la forme de lames, de tubes, d'aiguillons ou de plis, et cette forme est l'un des premiers caractères qu'on regarde pour ranger un champignon dans un groupe.
En clair : le dessous du chapeau. - Lames, tubes, aiguillons, plisles quatre formes servies par le catalogue
- Les quatre façons dont le dessous du chapeau se présente. Les lames sont des feuillets serrés, comme sous un rosé des prés. Les tubes forment une mousse de petits trous, les pores, chez les bolets. Les aiguillons sont de petites pointes molles, chez le pied-de-mouton. Les plis sont des rides épaisses et fourchues, chez la girolle, et ce ne sont justement pas des lames.
- Marge43 fiches
- Le bord du chapeau. On la décrit souvent parce qu'elle distingue des espèces proches : enroulée, striée, laineuse, lisse. Chez le lactaire à fossettes, la marge laineuse est l'un des trois caractères qui la séparent du lactaire délicieux.
- Cuticule22 fiches
- La peau du chapeau, celle qui se pèle. Sa texture compte : visqueuse par temps humide chez beaucoup d'espèces, sèche et veloutée chez d'autres.
Ce n'est pas qu'un détail de description : le droit suisse exige de retirer la cuticule des Suillus avant de les vendre, dont le bolet granulé et la nonnette voilée. - Anneau35 fiches, et un signe d'alerte sur toutes
- Un bourrelet de peau autour du pied, reste du voile qui protégeait le dessous du chapeau quand le champignon était jeune. Il peut être fixe ou coulissant, et cette différence sert : l'anneau de la coulemelle coulisse le long du pied, ce qui est l'un de ses quatre caractères.
- Volve20 fiches, et un signe d'alerte sur toutes
- Une membrane en forme de sac à la base du pied, reste de l'enveloppe qui contenait le champignon entier au stade de l'œuf.
C'est le signe d'alerte le plus important du catalogue. Les amanites mortelles en portent une, et elle est souvent enterrée : un champignon coupé au ras du sol la laisse en terre, et avec elle le seul caractère qui aurait pu prévenir. C'est la raison pour laquelle on prélève toujours le pied entier. - Bulbe11 fiches
- Le renflement à la base du pied. Sa forme se décrit, parce qu'elle sépare des espèces proches : arrondi, bordé d'un rebord net, ou prolongé en pointe. Un bulbe n'est pas une volve, et les confondre est une erreur de lecture coûteuse.
Les caractères qu'on observe
Les détails qui séparent deux espèces voisines, et qu'une fiche cite sans toujours les expliquer.
- Sporée9 fiches, et une ligne sur les 60
- La couleur des spores en tas, qu'on obtient en posant un chapeau sur une feuille quelques heures. Elle ne se devine pas à la couleur des lames et c'est justement pourquoi elle sert : c'est un caractère stable, que la maturité ne change pas. Le catalogue la donne sous « Spores ».
- Immuable10 fiches
- Se dit d'une chair qui ne change pas de couleur à la coupe. Beaucoup d'espèces bleuissent, rougissent ou jaunissent quand on les casse, et cette réaction sert à les séparer. L'absence de réaction est un caractère au même titre.
Ce n'est pas un gage de comestibilité : la chair de l'amanite vireuse, mortelle, est immuable elle aussi. Le catalogue le répète fiche après fiche parce que l'erreur est répandue. - Hygrophane4 fiches
- Se dit d'un chapeau qui change de couleur en séchant : sombre et comme gorgé d'eau par temps humide, plus pâle une fois sec. La même espèce peut donc se présenter sous deux teintes, et ce n'est pas un caractère d'espèce mais un état du moment.
C'est la façon de pâlir qui sert : la pholiote changeante sèche depuis le centre, si bien qu'un même chapeau montre une zone claire au milieu et une bordure restée sombre. La galère marginée, mortelle, pâlit uniformément. Ce contraste est l'un des rares caractères de terrain qui les séparent. - Latex (ou lait)6 fiches
- Le liquide qui s'écoule d'une cassure chez les lactaires. Sa couleur et son évolution à l'air sont décisives : le lait du lactaire délicieux est orange carotte, celui du lactaire à fossettes est blanc puis vire au jaune soufre en quelques secondes. Le même chapeau zoné, deux laits différents, deux espèces dont une est toxique.
- Décurrent, adné14 fiches
- La façon dont les lames rejoignent le pied. Décurrentes, elles descendent le long du pied au lieu de s'arrêter net. Adnées, elles s'y attachent sans le dépasser. C'est un caractère qu'on lit d'un coup d'œil et qui sépare des genres entiers.
- Cortine5 fiches
- Un voile de fils très fins, comme une toile d'araignée, tendu entre le bord du chapeau et le pied chez les jeunes cortinaires. Elle disparaît vite et ne laisse souvent qu'une trace colorée par les spores sur le pied.
Elle vaut d'être reconnue : le genre Cortinarius contient des espèces mortelles à effet retardé de plusieurs jours. - Squamule5 fiches
- Une petite écaille sur le chapeau ou le pied. Les grandes lépiotes en sont couvertes, et c'est l'un de leurs caractères. La pluie les lave : leur absence ne prouve donc rien.
- Chiné5 fiches
- Se dit d'un pied dont les teintes s'entremêlent en fines touches, comme un tissu chiné. Le pied de la coulemelle en est l'exemple du catalogue.
- Réticule2 fiches
- Un réseau de fines mailles en relief sur le pied, comme un filet. Chez les cèpes, son dessin et sa couleur aident à séparer les espèces, et le bolet de Satan porte un réticule rouge sur fond clair.
- Scrobicule2 fiches
- Une fossette creusée dans le pied, légèrement enfoncée et souvent plus colorée que le fond. Le lactaire à fossettes en tire son nom français.
Le piège : on cite souvent les scrobicules comme un caractère du lactaire délicieux, alors que les deux espèces en portent. Ce caractère ne tranche donc rien, et c'est le lait qui décide.
Comment le champignon vit
Les trois modes de vie que le catalogue affiche sous « Nutrition », et ce qu'ils changent pour qui cherche.
- Mycéliuml'organisme lui-même
- Le réseau de filaments qui vit dans le sol ou dans le bois, et qui est le champignon proprement dit. Il peut couvrir des mètres carrés et vivre des années. Ce qu'on ramasse n'en est que la fructification de quelques jours.
C'est aussi lui qui explique les ronds de sorcière : le mycélium pousse en cercle depuis son point de départ, et fructifie sur son pourtour. - Mycorhizien37 fiches, affiché sous « Nutrition »
- Se dit d'un champignon qui vit en échange avec les racines d'un arbre : il lui fournit eau et minéraux, l'arbre lui rend des sucres. Aucun des deux ne se nourrit de l'autre.
Conséquence pratique : ces espèces ne poussent que sous leurs arbres partenaires. Le cèpe de Bordeaux sous hêtre, chêne et épicéa, jamais dans un pré. - Saprophyte23 fiches, affiché sous « Nutrition »
- Se dit d'un champignon qui se nourrit de matière morte : bois abattu, souches, litière de feuilles, prairies. Il ne dépend d'aucun arbre vivant, mais souvent d'un substrat précis. Le pleurote en huître pousse sur le bois mort du hêtre et du peuplier.
- Parasite1 fiche, affiché sous « Nutrition »
- Se dit d'un champignon qui se nourrit d'un hôte vivant et lui nuit. L'armillaire couleur de miel est le parasite du catalogue : elle tue les arbres qu'elle colonise, puis continue sur le bois mort.
- Pessière, hêtraie, chênaie…11 fiches
- Un bois nommé d'après l'arbre qui le domine : la pessière est une forêt d'épicéas, la hêtraie de hêtres, la chênaie de chênes, la sapinière de sapins, et une hêtraie-sapinière mêle les deux.
Ce n'est pas du décor : beaucoup d'espèces vivent en symbiose avec un arbre précis et ne poussent nulle part ailleurs. L'arbre au-dessus de la tête est le premier filtre de terrain, souvent avant la couleur du chapeau.
Les mots du danger
Ceux qu'il vaut mieux avoir lus avant d'en avoir besoin.
- Amatoxine10 fiches
- Le groupe de toxines de l'amanite phalloïde, responsable de la grande majorité des intoxications mortelles. Elles détruisent le foie, résistent à la cuisson, au séchage et à la congélation, et ne provoquent aucun symptôme pendant six à douze heures. Ce délai est le danger : quand les troubles arrivent, la toxine a déjà agi.
On les retrouve hors du genre Amanita, notamment chez la galère marginée et plusieurs petites lépiotes. - Muscarine4 fiches
- Une toxine du système nerveux, présente notamment chez le clitocybe blanchi. Elle provoque le syndrome muscarinien, dit aussi sudorien : transpiration abondante, salivation, larmoiement, nausées, vomissements, diarrhées, ralentissement du rythme cardiaque, et dans les cas sévères une gêne respiratoire.
Son délai est sa signature : les troubles arrivent vite, à la différence des amatoxines. Un début rapide ne prouve rien à lui seul pour autant, et le 145 répond aussi avant les symptômes.
Le piège du nom : il vient de l'amanite tue-mouches (Amanita muscaria), qui n'est pas pour autant l'exemple du genre. Ses effets, comme ceux de l'amanite panthère, tiennent à l'acide iboténique et au muscimol, et non à la muscarine, contrairement à une idée répandue. - Orellanine2 fiches, toutes deux mortelles
- La toxine des cortinaires mortels du catalogue, le cortinaire très joli et le cortinaire couleur de rocou. Elle détruit les tubules rénaux, il n'existe aucun antidote, et la cuisson ne la détruit pas. Elle est présente dans le chapeau, dans le pied et jusque dans les spores.
Son délai est hors de toute échelle : rien pendant deux jours à deux semaines. Personne ne fait spontanément le lien avec un repas vieux d'une semaine, et l'insuffisance rénale est installée quand on consulte. C'est ce qui rend la cortine digne d'être reconnue. - Latence (ou ou délai)6 fiches
- Le temps qui sépare le repas des premiers troubles. Les fiches disent « latence », le syndrome dit « délai » : c'est la même chose.
C'est la donnée que le 145 demande en premier, parce qu'elle oriente plus sûrement que les symptômes eux-mêmes. D'où la règle du site : au-delà de quatre à six heures, on suspecte une intoxication grave. La latence se raccourcit quand un même plat mêle plusieurs espèces : une latence courte ne prouve donc rien à elle seule. - Syndrome15 fiches
- L'ensemble des troubles provoqués par un groupe de toxines, désigné par un nom qui sert aux médecins. On les classe d'abord par leur délai : moins de six heures, c'est en général sérieux mais rarement mortel ; plus de six heures, il faut appeler le 145 sans attendre les symptômes suivants.
- Thermolabile (ou et son contraire, thermostable)6 fiches, et 1 pour thermostable
- Se dit d'une toxine que la chaleur détruit. C'est le mot qui porte la plupart des mentions « TOXIQUE CRU » du catalogue : la morille, la golmotte, le bolet à pied rouge et le pied-bleu sont de bons comestibles une fois cuits à cœur, et dangereux crus ou juste saisis.
Une toxine thermostable, elle, survit à la cuisson. C'est le cas de la nébularine du clitocybe nébuleux, que l'ébouillantage n'élimine pas, et des amatoxines, qui résistent aussi au séchage et à la congélation.
Le piège : « cuit » ne rend pas comestible tout ce qui est « toxique cru ». Une cuisson suffisante est une durée à cœur, et non un passage à la poêle. Certaines fiches signalent que les données ne suffisent pas à conclure. D'autres espèces restent à proscrire quelle que soit la cuisson : la verpe de Bohême est classée toxique, et aucune cuisson ne rend le gyromitre sûr. - Hémolysines (ou hémolytique)6 fiches
- Des substances qui détruisent les globules rouges. La morille crue en contient : elles sont thermolabiles, et une cuisson suffisante les détruit. C'est l'une des raisons pour lesquelles une espèce comestible peut être toxique crue.
- Blanchiment (ou ébouillantage)6 fiches
- Un passage bref à l'eau bouillante, dont l'eau est ensuite jetée.
Ce n'est pas une cuisson : les fiches qui le citent le disent insuffisant, et il ne rend sûre aucune espèce toxique. Une toxine thermostable y survit. - ODAlOV11 fiches
- L'ordonnance du Département fédéral de l'intérieur sur les denrées alimentaires d'origine végétale, les champignons et le sel comestible. Son annexe 4 liste, sans être exhaustive, des champignons qui doivent subir un traitement spécial ou être préparés selon certaines règles pour des raisons de santé. C'est le droit des denrées mises en vente : il ne dit rien de ce qu'un particulier peut cueillir.
- VAPKOcitée dans les fiches et les guides
- L'Association suisse des organes officiels de contrôle des champignons. Ce sont ses contrôleurs, présents dans la plupart des communes, qui vérifient gratuitement ou pour quelques francs une récolte avant consommation. C'est la référence suisse du catalogue, et le seul avis qui engage quelqu'un.
Sources
- MycoDB, Glossaire mycologique
- VAPKO (Association suisse des organes officiels de contrôle des champignons)
- Société mycologique de France, lexique mycologique multilingue
- Wiktionnaire, lexique en français de la mycologie
- OSAV, Champignons comestibles (ODAlOV, art. 30 à 34 et annexe 4)
Consultées le 18 septembre 2026, et le 12 octobre 2026 pour hémolysines, blanchiment et ODAlOV.