Aller au contenu

Champidex Sécurité et urgence

Sécurité et urgence

Cette page réunit ce qu'il faut avoir lu avant de partir, et ce qu'il faut faire quand un repas tourne mal. Elle commence par les numéros d'urgence, parce que c'est ce qu'on cherche quand on n'a pas le temps de lire.

En cas de doute ou d'intoxication

145 Tox Info Suisse

24 heures sur 24, gratuit, dans toute la Suisse. C'est le numéro à appeler pour un conseil, y compris quand personne n'a encore de symptômes. Depuis l'étranger : +41 44 251 51 51.

144 Ambulance

En cas de symptômes aigus : vomissements répétés, confusion, malaise.

Les gestes qui comptent

La règle des six heures

C'est le seul repère simple qui vaille quelque chose, et il porte sur le délai, pas sur les symptômes. Les syndromes dits à latence longue se définissent par un délai de plus de six heures entre le repas et les premiers signes.

Toute intoxication dont les symptômes apparaissent six heures ou plus après le repas doit être considérée comme grave jusqu'à preuve du contraire, et impose l'hospitalisation du patient et de tous les convives. Ce délai est la signature du syndrome phalloïdien, provoqué par des espèces des genres Amanita, Lepiota et Galerina : une latence sans aucun symptôme, puis une phase digestive, puis une atteinte du foie. La règle des six heures existe précisément pour évoquer cette hypothèse assez tôt pour agir.

Le syndrome phalloïdien n'est pas le seul à latence longue. L'orellanine des cortinaires mortels donne ses premiers signes un à plusieurs jours après le repas, parfois seulement au bout de deux à trois semaines : soif intense, douleurs dans le bas du dos, urines rares. C'est alors le rein qui est atteint. Personne ne pense spontanément à un plat de champignons vieux de deux semaines : appelez le 145 même si le repas est ancien.

Un point que la règle, sous sa forme courte, laisse de côté : Tox Info Suisse place son propre seuil de suspicion plus bas. Dans sa notice sur les champignons à amatoxine, une latence de moins de quatre heures correspond à un cas généralement bénin, et c'est au-delà de quatre à six heures qu'il faut suspecter une intoxication grave. Six heures est le repère qu'on retient. Quatre heures est le moment où l'on commence à s'inquiéter.

À l'inverse, un délai court ne prouve rien à lui seul quand plusieurs espèces ont été mangées au même repas. La notice le dit aussi : un mets mêlant plusieurs espèces raccourcit la latence. C'est une raison de plus d'appeler le 145 plutôt que de trancher soi-même.

Faire contrôler sa récolte

La Suisse a une institution que beaucoup de pays n'ont pas : le contrôle officiel des champignons. Près de 500 offices fonctionnent dans le pays, dont une septantaine en Suisse romande. Les contrôles pour usage privé sont généralement gratuits, ou payants pour un montant modeste.

Le contrôleur est un expert diplômé. Il examine la récolte et écarte sur place les spécimens vénéneux, non comestibles, suspects ou avariés, et renseigne sur la préparation et la conservation. Il n'y a pas de réglementation fédérale : le contrôle est organisé par les communes ou les cantons, et la liste des offices est tenue par la VAPKO.

Trouver un contrôleur près de chez soi (vapko.ch)

Les règles qui tiennent à la sécurité

Toucher un champignon, est-ce un risque ?

Non. Aucun champignon n'est toxique au toucher, pas même l'amanite phalloïde. Ses toxines agissent dans le tube digestif et ne traversent pas la peau. Les spores ne sont pas toxiques non plus. On peut donc prendre en main un champignon inconnu pour l'examiner, le retourner, regarder sous le chapeau et dégager la base du pied. Des gants ne sont pas nécessaires.

Le risque réel est ailleurs : de petits fragments restent collés aux doigts et finissent dans la bouche. Une ancienne présidente de la VAPKO le signale pour les amanites mortelles, dont quelques grammes suffisent à intoxiquer un jeune enfant. D'où trois gestes simples :

Et si l'on s'est léché les doigts après avoir touché un champignon mortel, le Muséum national d'histoire naturelle est clair : pas de panique, ce n'est pas grave. En cas de doute, surtout pour un enfant, le 145 répond.

À table

Ce que dit la loi

Il n'existe aucune réglementation fédérale de la cueillette : ce sont les cantons, parfois les communes, qui fixent les règles. Une seule vaut partout : la cueillette est interdite dans les réserves naturelles.

Pour le reste, l'ordre de grandeur, par personne et par jour :

S'y ajoutent, selon les cantons, des horaires (Fribourg, Vaud et le Tessin interdisent la cueillette entre 20 h et 7 h), des jours réservés (Glaris, les Grisons, Lucerne, Obwald et Zurich ferment la cueillette du 1er au 10 du mois), l'interdiction des récoltes organisées, et des limites réduites pour les morilles et les chanterelles.

Ces règles bougent : Vaud a abandonné sa période d'interdiction de sept jours par mois au 1er janvier 2025. La liste ci-dessus donne la forme générale, pas un état du droit. Il reste nécessaire de vérifier son canton avant de partir, et c'est la liste de la VAPKO qui fait référence.

Les autres guides

Sources

Consultées le 15 septembre 2026, le 27 septembre 2026 pour la section sur le toucher, et le 12 octobre 2026 pour l'orellanine.