Champidex Le matériel
Le matériel
La liste est courte, et presque rien n'y est là pour le confort. L'essentiel du matériel sert à deux choses : rapporter une récolte en état d'être mangée, et la rapporter en état d'être identifiée, par vous ou par un contrôleur.
Un panier, jamais un sac plastique
C'est le seul point de cette page qui relève de la sécurité, et la VAPKO en fait une consigne à part entière. Un champignon est essentiellement fait d'eau. Enfermé dans du plastique, il fermente vite : les bactéries et les moisissures présentes sur la récolte se développent à grande vitesse dans le chaud et l'humide. Une récolte parfaitement comestible au moment de la cueillette devient immangeable en quelques heures, et peut rendre malade.
Un panier rigide, en osier ou non, résout les deux problèmes à la fois : l'air circule, et les exemplaires ne s'écrasent pas les uns les autres.
Un sac en papier, un sac en tissu ou un tote bag valent infiniment mieux qu'un sac plastique et conviennent à une sortie courte. Ils ne protègent pas de l'écrasement : y garder les espèces fragiles sur le dessus, et ne pas tasser.
Un couteau pliable
Lame courbe, et si possible une brossette à l'autre bout. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il ne sert pas à sectionner le pied au ras du sol. La base du pied porte les caractères décisifs, dont la volve en sac des amanites mortelles, souvent enterrée. Et trente ans de relevés suisses montrent que couper ne ménage pas davantage le mycélium qu'arracher (voir Superstitions).
Le couteau sert donc à :
- Parer la base terreuse une fois le champignon entier sorti de terre, après l'avoir observée.
- Nettoyer sur place, à la brossette, pour ne pas rapporter la forêt dans le panier ni ramener la terre à la cuisine.
- Entailler la chair pour observer un changement de couleur, qui est un caractère d'identification comme un autre.
Un modèle pliable tient dans une poche et ne s'ouvre pas au fond du sac. Le reste est affaire de goût.
De quoi séparer les espèces
Quelques sacs en papier ou de petites boîtes, à l'intérieur du panier. Deux raisons, et la première suffirait :
- Un exemplaire non identifié ne doit pas voyager frotté contre ceux que vous allez manger.
- Le contrôleur doit pouvoir examiner chaque espèce séparément. Une récolte mélangée lui complique le travail et vous fait perdre du temps.
Pour une espèce que vous ne connaissez pas, la VAPKO recommande de ne prélever que trois ou quatre exemplaires, si possible à des stades de maturité différents : de quoi l'identifier, sans vider la station.
Corollaire qui n'est pas du matériel mais qui sauve des heures en cas de problème : garder un exemplaire cru de chaque espèce consommée, au réfrigérateur, jusqu'à ce que tout le monde ait digéré. C'est ce qui permettra l'identification si quelque chose tourne mal (voir Sécurité et urgence).
Dans les poches
- Un téléphone chargé, avec le 145 enregistré. Pas pour identifier : pour appeler.
- Quelqu'un qui sait où vous êtes et quand vous rentrez. Cela ne coûte rien et ne vous oblige pas à donner votre coin.
- Une carte, papier ou hors ligne. On marche les yeux au sol, et une forêt se ressemble dans toutes les directions quand on relève la tête.
- De l'eau, et une lampe frontale en automne. En octobre, la nuit tombe pendant qu'on fouille un talus.
S'habiller pour une forêt suisse
Le danger le plus probable d'une sortie n'est pas dans le panier, il est dans les broussailles. Les tiques sont présentes dans toute la Suisse jusqu'à environ 2000 mètres d'altitude, et tous les cantons sauf le Tessin sont considérés comme zones à risque.
- Chaussures fermées et vêtements couvrants, ajustés aux chevilles, aux poignets et au cou.
- Des couleurs claires, sur lesquelles une tique se repère.
- Un examen du corps et des vêtements au retour, systématiquement.
L'Office fédéral de la santé publique recommande la vaccination contre l'encéphalite à tiques pour les adultes et les enfants, en général dès trois ans, qui vivent ou séjournent en zone à risque.
Ce qu'on laisse à la maison
Le râteau et le crochet. Retourner la mousse et la litière pour débusquer les jeunes exemplaires est exactement ce qu'il ne faut pas faire : la VAPKO rappelle que la mousse est un réservoir d'humidité nécessaire aux champignons comme au reste de la vie du sol. Et les très jeunes champignons ne portent de toute façon pas encore les caractères qui permettent de les reconnaître.
Le sac plastique, y compris en dépannage au fond du panier.
Les autres guides
- Sécurité et urgenceLes numéros à appeler, la règle des six heures, le contrôle officiel de la récolte et ce que disent les cantons.
- Préparer et conserverLe délai de 24 heures, la cuisson à cœur, la quantité, et ce que devient une récolte qu'on garde. La cause la plus fréquente des intoxications suisses.
- Anatomie du champignonChapeau, hyménium, pied, anneau, volve : où se trouve chaque partie, et d'où viennent l'anneau et la volve. Pour lire une fiche, pas pour identifier.
- Cycle de vieDe la spore au champignon qu'on cueille, en six étapes, et pourquoi la cueillette ne tue pas le champignon. Avec le plus grand de Suisse, mille ans et 35 hectares.
- Habitat : sols et arbresLes arbres et les sols cités par les fiches, expliqués, et l'accès aux champignons de chacun : ceux des hêtraies, ceux du calcaire.
- Mythes et réalitésLa cuillère en argent, les limaces, la cuisson, l'application du téléphone : ce que valent les tests qu'on se transmet.
- SuperstitionsRonds de sorcière, couper ou arracher, phases de la lune. Deux de ces croyances ont été mesurées en Suisse, sur trente ans.
Sources
- VAPKO, La protection des champignons
- VAPKO, Le contrôle pour les particuliers
- Confédération suisse (ch.ch), Les tiques en Suisse
- Office fédéral de la santé publique, Méningo-encéphalite à tiques (FSME)
- Couteaux du Chef, Guide du matériel nécessaire à la cueillette des champignons
Consultées le 15 septembre 2026.