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Clitocybe de l'olivierToxique

Champidex Catalogue Clitocybe de l'olivier

Clitocybe de l'olivier

Omphalotus olearius

Aussi appelée Pleurote de l'olivier, Faux clitocybe de l'olivier · Omphalotaceae, genre Omphalotus

Clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius)

Touffe soudée par la base au pied d'un tronc, chapeaux orangés et lames décurrentes visibles sur les exemplaires inclinésAdriano De Astis · CC BY 4.0

Identité et caractères

Toxique

TOXIQUE, et c'est l'espèce responsable du plus grand nombre d'intoxications de toute la région méditerranéenne.

Le syndrome est résinoïdien : gastro-entérite aiguë avec nausées, vomissements répétés, crampes abdominales violentes et diarrhée profuse, apparaissant 1 à 6 heures après le repas. La littérature signale la possibilité de signes de type muscarinique associés : sudation et salivation excessives, diplopie. Les tableaux sévères demandent une hospitalisation en urgence, et l'issue peut être grave chez les sujets fragiles, les personnes âgées et les jeunes enfants, par déshydratation.

La toxine identifiée est l'illudine S, une sesquiterpène propre au genre Omphalotus. Elle n'est pas détruite par la cuisson : aucun mode de préparation ne rend cette espèce consommable.

La confusion à connaître est celle avec la girolle, et elle est décrite ci-dessous. Deux autres sont possibles avec des espèces au demeurant sans danger comparable : le clitocybe inversé (Paralepista inversa), comestible, de teinte plus claire et ne poussant ni en touffes ni sur le bois, et la fausse girolle (Hygrophoropsis aurantiaca), sans intérêt, plus petite et à lames fourchues.

À ne pas confondre non plus avec un pleurote, malgré le nom de « pleurote de l'olivier » qu'on lui donne parfois : le genre Omphalotus n'a rien à voir avec le genre Pleurotus, et cette espèce orangée à lames décurrentes et pied central ou excentré ne ressemble pas à une console blanche sur tronc.

Signes d'alerte

Anneau absentVolve absente

Saison

juillet à novembre

Altitude

jusqu'à 1400 m

Risques de confusion — 1 espèce

Clitocybe de l'olivier

Omphalotus olearius

Girolle

Cantharellus cibarius

Excellent

Hyménium

Clitocybe de l'olivier : Lames
Girolle : Plis

Anneau — ne distingue pas

Clitocybe de l'olivier : Absent
Girolle : Absent

Volve — ne distingue pas

Clitocybe de l'olivier : Absent
Girolle : Absent

La confusion la plus classique de la mycotoxicologie européenne, et la plus coûteuse : un excellent comestible contre l'espèce qui provoque le plus d'intoxications du pourtour méditerranéen. Elle se joue sur la couleur, qui est trompeuse : le clitocybe est souvent d'un orange plus vif, mais sa teinte va jusqu'au jaune doré et rejoint celle de la girolle. Elle se défait sur trois caractères qui ne trompent pas. Le dessous du chapeau, d'abord, et c'est le critère décisif. La girolle ne porte pas de lames mais des plis épais, espacés, fourchus, soudés à la chair et impossibles à détacher avec l'ongle. Le clitocybe de l'olivier porte de vraies lames, minces, serrées, régulières, nettement séparables, d'un jaune orangé plus clair que le chapeau. Le port ensuite. La girolle sort du sol, isolée ou en groupes d'individus distincts, en symbiose avec un arbre. Le clitocybe de l'olivier pousse en touffes serrées et soudées par la base, sur du bois : souche, tronc mort, ou racine enterrée qui le fait paraître sortir du sol. Regarder d'où part vraiment la touffe. La chair enfin : celle de la girolle est blanche à l'intérieur, sous une cuticule jaune, alors que celle du clitocybe de l'olivier est jaune safran à orangée de part en part. L'odeur, en revanche, ne tranche pas : la girolle sent nettement l'abricot, mais les sources ne s'accordent pas sur celle du clitocybe de l'olivier, décrite tantôt comme forte et huileuse, tantôt comme fruitée. Un quatrième signe existe, spectaculaire mais à ne pas attendre sur le terrain : les lames du clitocybe de l'olivier émettent dans l'obscurité complète une faible lueur verte. La girolle ne luit jamais.

Voir la fiche : Girolle

Description

Champignon orangé poussant en touffes serrées à la base des souches et du bois mort. Il est responsable du plus grand nombre d'intoxications de toute la région méditerranéenne, et la raison en est simple : il a la couleur de la girolle.

Il est très rare en Suisse, avec quelques relevés seulement. L'espèce est méditerranéenne et ne remonte guère au nord. Sa fiche existe ici pour deux raisons. La première est que la confusion avec la girolle est la plus classique de la mycotoxicologie européenne et qu'un cueilleur suisse la rencontrera au sud. La seconde est de couper court à un malentendu de vocabulaire : son nom de « pleurote de l'olivier » laisse croire à une parenté avec le pleurote en huître, qui n'existe pas. Ce n'est pas un Pleurotus, et ce n'est pas avec les pleurotes qu'on le confond.

Trois caractères l'écartent d'un coup : il pousse en touffes sur du bois, il porte de vraies lames minces et serrées, et ces lames sont bioluminescentes : elles émettent dans l'obscurité complète une faible lueur verte.

Chapeau — 6 à 14 cm selon les sources, jusqu'à 25 cm pour certaines, convexe puis étalé et enfin creusé en entonnoir, la marge mince, ondulée et longtemps enroulée. Jaune orangé vif à jaune doré, rouge cuivré ou brun murex. Cuticule séparable, épaisse, finement striée et se craquelant, luisante sous la pluie.

Pied — 6 à 16 cm, plein, fibreux, ferme et tenace, souvent courbé, généralement excentré, élargi sous les lames et aminci vers la base, de la couleur du chapeau ou un peu plus pâle. Sans anneau ni volve.

Chair — Mince sauf au centre, ferme, jaune safran clair, plus orangée dans le pied, de saveur astringente.

Odeur — Les sources divergent : forte et huileuse, voire rance et désagréable pour MycoDB et Wikipédia, simplement fruitée pour Mycobota. L'odeur n'est donc pas un caractère sur lequel s'appuyer pour cette espèce.

Habitat

Saprophyte lignicole, en touffes denses à la base des souches et sur le bois mort, parfois sur des racines enterrées, ce qui le fait paraître sortir du sol. Malgré son nom, il ne se limite pas à l'olivier : chêne, chêne vert, chêne-liège, châtaignier, buis, prunellier, cyprès, amandier et d'autres arbres et arbustes le portent également. Espèce méditerranéenne, du niveau de la mer à environ 1300-1400 m, commune dans tout le sud de l'Europe et en Afrique du Nord, rare au nord de la Loire et très rare en Suisse. Les sources consultées donnent une fructification du printemps à l'hiver dans les régions méridionales, Mycobota une fructification de juillet à novembre ; c'est cette dernière fourchette, la plus précise et la plus transposable, qui est retenue ici, et elle recouvre entièrement la saison de la girolle. Les relevés suisses sont trop peu nombreux pour qu'une saison locale soit établie. Les lames, serrées, inégales, minces et fortement décurrentes, sont d'un jaune orangé plus clair que le chapeau et souvent bioluminescentes.

Galerie

Clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius)

Exemplaire vu de dessous : véritables lames minces et serrées, décurrentes sur un vrai pied, et non des plis fourchusTreetale · CC BY 3.0