Aussi appelée Cortinaire à odeur de bouc · Cortinariaceae, genre Cortinarius
Exemplaire retourné : le pied lilas contraste avec des lames déjà brun ocre, le caractère qui l'écarte du pied-bleuPeter Gabler · CC0
Identité et caractères
Toxique
Les sources divergent sur la formulation : MycoDB le donne toxique, la littérature anglo-saxonne le dit « non comestible, diversement rapporté comme légèrement toxique ou indigeste ». La fiche retient l'option la plus prudente.
Le vrai motif de prudence est ailleurs : c'est un cortinaire, et le genre contient des espèces mortelles à l'orellanine. Un cueilleur qui apprend à tolérer un cortinaire dans son panier prend l'habitude qui tue. La règle sûre reste la même pour tout le genre : cortine et sporée rouille font rejeter.
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Les deux sont violets et sortent en arrière-saison. Trois caractères les séparent, et il suffit d'un seul. Les lames : violettes chez le pied-bleu, pâlissant avec l'âge sans jamais rouiller ; ocre safrané dès le départ chez le cortinaire, puis brun rouille. La cortine : le cortinaire jeune porte un voile en toile d'araignée entre la marge et le pied, qui laisse ensuite des bandes laineuses ; le pied-bleu n'en a jamais. La sporée : rose chez le pied-bleu, brun rouille chez le cortinaire, et c'est le critère décisif en cas de doute. L'odeur aide aussi : agréable et anisée chez le pied-bleu, forte et déplaisante chez le cortinaire.
Cortinaire entièrement lilas dans sa jeunesse, et à ce titre le sosie violet du pied-bleu. C'est la raison d'être de cette fiche : le pied-bleu est très ramassé en arrière-saison, et sa couleur ne suffit pas à l'identifier.
Deux caractères le trahissent. Ses lames ne sont jamais violettes : elles naissent déjà ocre safrané et virent au brun rouille, là où le pied-bleu a des lames violettes qui pâlissent sans jamais rouiller. Et il porte une cortine, ce voile en toile d'araignée tendu entre la marge et le pied chez le jeune, qui laisse ensuite des bandes laineuses sur le pied, alors que le pied-bleu n'en a aucune.
Sa chair est marbrée de safran et son odeur est forte : les sources la décrivent tantôt comme une odeur de poire ou de liqueur de poire, tantôt comme une odeur désagréable de bouc. Les deux descriptions coexistent dans la littérature.
Chapeau — 4 à 13 cm, hémisphérique puis convexe, parfois largement mamelonné, la marge longtemps enroulée. Lilas pâle, se ternissant en gris clair puis en brun jaunâtre avec l'âge. Revêtement feutré qui se désagrège en lambeaux, la marge se craquelant par temps sec.
Pied — 5 à 12 cm pour 1 à 4 cm, à base claviforme et bulbeuse. Violet vif assez durablement au-dessus de la cortine, plus pâle en dessous. La cortine lilas puis jaune pâle laisse des bandes laineuses, caractère absent chez le pied-bleu.
Chair — Marbrée de safran à brun jaunâtre à partir de la base. Saveur amère, surtout chez le jeune.
Odeur — Forte. Décrite comme fruitée, de poire ou de liqueur de poire par les sources françaises, et comme une odeur désagréable de bouc par les sources anglo-saxonnes. Dans les deux cas, elle n'a rien de l'odeur agréable et anisée du pied-bleu.
Habitat
Forêts de conifères d'âge mûr, particulièrement sous épicéa. Sols pauvres, siliceux et non calcaires.