Aussi appelée Cortinaire des montagnes · Cortinariaceae, genre Cortinarius
Vu de dessous dans la mousse : lames épaisses, espacées et brun rouille, la couleur qui fait rejeter toute récolteAndreas Kunze · CC BY-SA 3.0
Identité et caractères
Mortel
MORTEL. Aucun antidote. Même toxine que le cortinaire très joli : l'orellanine, qui détruit les tubules rénaux.
Le délai est le piège. Les premiers signes viennent un à plusieurs jours après le repas, parfois seulement au bout de deux à trois semaines, et l'insuffisance rénale peut ne se déclarer que dix-sept jours après. Personne ne relie spontanément une défaillance rénale à un plat de la semaine précédente, et c'est ce qui rend ces intoxications si graves : le diagnostic arrive trop tard.
La cuisson ne détruit pas l'orellanine.
L'intoxication de Bydgoszcz, en Pologne en 1952, reste la référence : 102 personnes malades, onze décès. Des cas sont également recensés en Suisse.
Règle pratique, valable pour tout le genre : aucun cortinaire ne se consomme. Le genre est vaste, difficile à déterminer, et contient plusieurs espèces mortelles. La cortine chez le jeune et la sporée rouille suffisent à l'écarter d'un panier.
Distinction avec le cortinaire très joli, l'autre espèce à orellanine du catalogue : celui-ci pousse sous feuillus, sur terrain sec et chaud, en plaine et en collines ; le cortinaire très joli pousse sous conifères, dans les mousses et sphaignes humides, surtout en montagne.
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Confusion mortelle, documentée. Les deux partagent une teinte orangée et une taille voisine. Le dessous tranche sans appel : la girolle porte des plis épais, fourchus et soudés à la chair, impossibles à détacher à l'ongle ; le cortinaire porte de vraies lames, minces, espacées, qui se séparent de la chair. La couleur de ces lames ensuite : jaune pâle et concolores chez la girolle, brun ocre puis rouille chez le cortinaire. La sporée enfin, blanchâtre à crème contre rouille. Et la girolle sent l'abricot, là où le cortinaire sent faiblement la rave. Toute sporée rouille fait rejeter la récolte entière.
Le second porteur d'orellanine du catalogue, avec le cortinaire très joli, et celui qui a causé l'intoxication collective la mieux documentée d'Europe : à Bydgoszcz, en Pologne, 102 personnes malades et onze morts en 1952. D'autres cas sont recensés en France, en Suisse, en Allemagne et en Autriche.
Il est brun orangé chaud, couleur de rocou, à lames espacées et épaisses, et pousse sous les feuillus (chênes, hêtres, charmes) sur terrains secs et chauds. C'est ce qui le sépare du cortinaire très joli, lié aux conifères des stations humides d'altitude.
Sa chair a une saveur douce et son odeur est faible. Rien, absolument rien, n'avertit au moment du repas.
Chapeau — 3 à 7 cm, exceptionnellement 8. Arrondi à conique puis étalé. Jaune orangé à brun rouge ou brun orangé chaud, la couleur du rocou. Surface densément feutrée à finement squamuleuse, devenant lisse.
Pied — 3 à 9 cm pour 0,7 à 1,5 cm, cylindrique et souvent aminci vers la base. Jaune clair devenant progressivement rougeâtre de bas en haut. Il porte des restes de voile jaunâtres et fibrilleux sur la moitié inférieure.
Chair — Mince dans le chapeau, jaune clair au sommet du pied et ocracé doré ailleurs, tirant au brun rouge à la base. Saveur douce.
Odeur — Faible, de rave ou de radis.
Habitat
Forêts de feuillus, sous chêne, hêtre, charme et noisetier, plus rarement à proximité de conifères. Terrains secs, chauds, pauvres et acidifiés. Espèce de plaine et de collines, à l'inverse du cortinaire très joli.