Toxique, et l'un des plus gros pourvoyeurs d'intoxications de Suisse. Une source suisse attribue au groupe auquel il appartient 20 à 40 % de l'ensemble des intoxications par champignons du pays.
L'intoxication est un syndrome résinoïdien sévère : nausées, vomissements répétés, gastro-entérite violente et diarrhées abondantes, avec parfois une atteinte du foie. La guérison intervient généralement en cinq à six jours, mais l'évolution peut être mortelle chez une personne déjà affaiblie.
Son danger vient de son allure : grand, charnu, d'aspect appétissant, poussant là où l'on cueille. Le réflexe qui protège est de regarder les lames d'un exemplaire mûr : roses, sans jamais virer au brun.
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Confusion classique, les deux étant de grands champignons gris d'automne. Les lames : blanches à crème et décurrentes chez le clitocybe nébuleux, se détachant facilement du chapeau ; chair pâle puis roses et non décurrentes chez l'entolome livide. La sporée confirme : blanche à crème d'un côté, rose de l'autre. L'odeur : farineuse chez l'entolome, forte et douceâtre désagréable chez le clitocybe nébuleux, jamais farineuse. Le port enfin : le clitocybe nébuleux pousse en ronds de sorcière, l'entolome livide peut pousser en touffes, ce que le premier ne fait jamais.
Les deux ont une odeur de farine et des lames qui rosissent : l'odeur ne tranche pas, et c'est précisément le piège. La taille sépare d'abord : l'entolome livide est grand et robuste, 3 à 20 cm de chapeau sur un pied épais ; le meunier est petit, 3 à 13 cm, sur un pied court et souvent excentré. Les lames ensuite : franchement décurrentes chez le meunier, elles descendent le long du pied ; échancrées chez l'entolome, elles s'arrêtent net. Le chapeau enfin : blanc grisâtre et comme givré chez le meunier, gris beige lisse chez l'entolome.
Grand champignon gris à lames, toxique, et l'une des causes les plus fréquentes d'intoxication en Suisse : une source suisse situe le groupe auquel il appartient à 20 à 40 % de toutes les intoxications par champignons du pays.
Sa dangerosité tient à sa banalité. Il est charnu, de belle taille, d'aspect engageant, et pousse dans les mêmes bois clairs et lisières que plusieurs bons comestibles. Il est confondu tour à tour avec le meunier, le clitocybe nébuleux, le tricholome de la Saint-Georges et les agarics.
Le critère qui le désigne est la sporée rose, qui teinte ses lames de rose chair à maturité. Ce critère ne suffit pas seul : le meunier a lui aussi des lames qui rosissent et une sporée rose, et les lames de l'agaric passent par le rose avant de virer au brun chocolat, ce que l'entolome ne fait jamais.
Chapeau — 3 à 20 cm, convexe puis étalé et légèrement déprimé à maturité, la marge longtemps enroulée. Gris beige à beige jaunâtre, d'aspect lisse et soyeux.
Pied — 6 à 18 cm pour 1 à 4 cm, blanc à crème, robuste, souvent claviforme et irrégulièrement renflé à la base. Sans anneau.
Chair — Blanche, épaisse et ferme. Saveur farineuse.
Odeur — Forte et farineuse, avec une note acidulée jugée désagréable. Cette odeur de farine est partagée par le meunier : elle ne suffit donc pas à les séparer.
Habitat
Forêts claires de feuillus et de conifères (hêtre, chêne, châtaignier, pin, sapin) et lisières, sur sols plutôt calcaires. Souvent en groupes, parfois en touffes. Apparaît surtout à partir d'août, ce qui le sépare du tricholome de la Saint-Georges, printanier.