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Lactaire plombéToxique

Champidex Catalogue Lactaire plombé

lactaires

Lactaire plombé

Lactarius turpis

Aussi appelée Lactaire honteux, Lactaire meurtrier · Russulaceae, genre Lactarius

Lactaire plombé (Lactarius turpis)

Deux exemplaires, l'un vu de dessus avec son chapeau brun olivâtre, l'autre renversé montrant les lames pâles et décurrentesRon Pastorino (Ronpast) at Mushroom Observer , a source for mycological images. You can contact this user here · CC BY-SA 3.0

Identité et caractères

Toxique

TOXIQUE, et à ne pas consommer, y compris cuit.

Le lait est très âcre et caustique, et la chair crue provoque des troubles digestifs. L'âcreté seule suffirait à l'écarter de la table. La cuisson ne l'améliore pas.

Ce n'est pas la raison principale. L'espèce contient de la nécatorine, un composé mutagène soupçonné d'être cancérogène. L'ébullition en réduit la concentration mais ne l'élimine pas : c'est ce qui distingue ce lactaire des espèces simplement âcres, dont un traitement thermique suffit à venir à bout.

L'usage traditionnel existe et ne vaut pas recommandation. En Russie et en Europe de l'Est, le lactaire plombé est couramment salé, mariné et consommé, et il y est vendu en conserve. Les autorités d'Europe occidentale le classent non comestible ou toxique. Le wiki suit cette seconde position : la nécatorine ne disparaît pas à la saumure.

Le nom de « lactaire meurtrier » est un faux ami. Il traduit le synonyme Lactarius necator et ne désigne aucun risque létal : cette espèce n'a jamais tué personne. Le danger qui la concerne est celui de sa ressemblance avec le paxille enroulé, qui, lui, est mortel. Voir la confusion ci-dessous.

Signes d'alerte

Anneau absentVolve absente

Saison

juillet à novembre

Altitude

altitude non renseignée

Risques de confusion — 1 espèce

Confusion mortelle documentée

Paxille enroulé

Paxillus involutus

Mortel

Hyménium — ne distingue pas

Lactaire plombé : Lames
Paxille enroulé : Lames

Anneau — ne distingue pas

Lactaire plombé : Absent
Paxille enroulé : Absent

Volve — ne distingue pas

Lactaire plombé : Absent
Paxille enroulé : Absent

Même boulaie, même saison, même silhouette trapue au chapeau brun olivâtre déprimé en entonnoir, et surtout la même marge fortement et longuement enroulée, le caractère qui donne son nom au paxille. La confusion oppose un champignon toxique mais bénin à une espèce mortelle, et elle mérite d'être connue dans ce sens-là. Un geste la tranche, et il se fait sur place. Casser le carpophore ou entailler les lames : le lactaire plombé exsude aussitôt un lait blanc abondant, le paxille enroulé n'en produit jamais. Ce caractère est absolu, il ne souffre pas d'exception, et il suffit à lui seul. Deux confirmations si le doute persiste. Les lames du paxille sont nettement décurrentes, serrées, et se détachent du chapeau en bloc quand on les pousse du pouce ; elles brunissent franchement là où on les touche, en dix à trente secondes. Celles du lactaire plombé sont adnées à brièvement décurrentes, solidaires de la chair, et se tachent d'olive brun et non de brun roux. La sporée enfin, pour qui prend le temps : brun rouille chez le paxille enroulé, crème chez le lactaire plombé. Un dernier mot sur les noms, parce qu'ils brouillent la lecture. Le lactaire plombé s'appelle aussi « lactaire meurtrier », et ce n'est pas lui le dangereux des deux : c'est le paxille, d'apparence anodine, qui provoque un syndrome immuno-hémolytique dont des décès sont documentés.

Voir la fiche : Paxille enroulé

Description

Gros lactaire sombre et sale des boulaies, à chapeau brun olivâtre visqueux et à marge longtemps enroulée. Son nom latin signifie « le laid », et il le porte bien : c'est un champignon trapu, terne, souvent maculé de litière.

Il figure dans ce catalogue pour une raison précise. Il pousse sous les mêmes bouleaux que le paxille enroulé, à la même saison, avec la même silhouette trapue et la même marge fortement enroulée. Et le paxille enroulé est mortel. Un seul geste les sépare, et il est simple : casser le champignon entier. Le lactaire plombé exsude un lait blanc abondant. Le paxille n'en produit jamais.

Le nom de « lactaire meurtrier », traduction du synonyme Lactarius necator, n'a rien à voir avec un quelconque danger mortel. Ce lactaire est légèrement toxique, pas létal.

Trois noms scientifiques circulent pour la même espèce : Lactarius turpis, retenu ici comme nom accepté, Lactarius necator, très répandu dans la littérature française, et Lactarius plumbeus, sous lequel SwissFungi enregistre les relevés suisses.

Chapeau — 4 à 20 cm, convexe puis déprimé au centre et creusé en entonnoir. Brun olivâtre au centre, passant progressivement au jaune verdâtre vers la marge, s'assombrissant jusqu'au noirâtre avec l'âge. Surface visqueuse par temps humide, souvent salie de débris. Marge longtemps et fortement enroulée, un peu veloutée.

Pied — 2 à 7 cm pour 1 à 3 cm, court, trapu et dur, se creusant avec l'âge. Vert olive à brun noirâtre, parfois marqué de petites fossettes. Sans anneau ni volve.

Chair — Blanche, épaisse et très dure, se salissant de brun ou de gris violacé à l'air, et noircissant en séchant. Elle exsude un lait blanc abondant, qui sèche en crème, gris, jaune ou vert sur les lames et les tache d'olive brun. Saveur d'abord douce puis immédiatement très âcre et caustique. La potasse fait virer la cuticule au violet intense, réaction utilisable sur le terrain.

Odeur — Faible, un peu épicée, sans caractère marquant.

Habitat

Presque exclusivement sous bouleau, plus rarement sous épicéa et pin, sur sols acides ou siliceux, dans les bois frais et humides. Assez fréquent. Les lames sont basses et serrées, adnées à brièvement décurrentes, crème ivoire puis grisâtres, et se tachent d'olive brun au froissement.

En symbiose avec

Bouleau BetulaÉpicéa Picea abies

Galerie

Lactaire plombé (Lactarius turpis)

Chapeau brun olivâtre déprimé, à marge fortement et longuement enroulée, le caractère qu'il partage avec le paxille enrouléBjörn S · CC BY-SA 2.0