Confusion mortelle documentée
Lactaire plombé
Lactarius turpis
Hyménium — ne distingue pas
Anneau — ne distingue pas
Volve — ne distingue pas
Même boulaie, même saison, même silhouette trapue au chapeau brun olivâtre déprimé en entonnoir, et surtout la même marge fortement et longuement enroulée, le caractère qui donne son nom au paxille. La confusion oppose un champignon toxique mais bénin à une espèce mortelle, et elle mérite d'être connue dans ce sens-là. Un geste la tranche, et il se fait sur place. Casser le carpophore ou entailler les lames : le lactaire plombé exsude aussitôt un lait blanc abondant, le paxille enroulé n'en produit jamais. Ce caractère est absolu, il ne souffre pas d'exception, et il suffit à lui seul. Deux confirmations si le doute persiste. Les lames du paxille sont nettement décurrentes, serrées, et se détachent du chapeau en bloc quand on les pousse du pouce ; elles brunissent franchement là où on les touche, en dix à trente secondes. Celles du lactaire plombé sont adnées à brièvement décurrentes, solidaires de la chair, et se tachent d'olive brun et non de brun roux. La sporée enfin, pour qui prend le temps : brun rouille chez le paxille enroulé, crème chez le lactaire plombé. Un dernier mot sur les noms, parce qu'ils brouillent la lecture. Le lactaire plombé s'appelle aussi « lactaire meurtrier », et ce n'est pas lui le dangereux des deux : c'est le paxille, d'apparence anodine, qui provoque un syndrome immuno-hémolytique dont des décès sont documentés.


