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Pleurote en huîtreBon

Champidex Catalogue Pleurote en huître

Pleurote en huître

Pleurotus ostreatus

Pleurotaceae, genre Pleurotus

Pleurote en huître (Pleurotus ostreatus)

Touffe étagée sur un tronc mort : chapeaux gris lilacin en coquille et lames blanches décurrentesDominicus Johannes Bergsma · CC BY-SA 4.0

Identité et caractères

Bon

À ne récolter que jeune : la chair devient coriace et âcre en vieillissant.

Sosies à connaître. Le genre Omphalotus, dont le clitocybe de l'olivier (Omphalotus olearius) en Europe, pousse lui aussi en touffes sur le bois et provoque de violents troubles digestifs. Il s'en distingue par des lames franchement orange vif et décurrentes sur un vrai pied central ou excentré, alors que le pleurote a des lames blanches à crème et un pied latéral rudimentaire. Cette espèce n'a que quelques relevés en Suisse. Certaines espèces de Lentinellus, à arête des lames déchiquetée et chapeau poilu, sont également citées comme sosies.

Le sosie mortel, et c'est le plus important de cette fiche. Le pleurote en oreille (Pleurocybella porrigens) est blanc à crème, en oreille ou en éventail, à chair très mince presque translucide, sans pied véritable, et pousse sur le bois de conifère bien pourri, épicéa et sapin. Il est nettement plus fréquent en Suisse que le clitocybe de l'olivier décrit ci-dessus. Longtemps réputé comestible, il a été reclassé après une série d'intoxications au Japon en 2004, qui a fait dix-sept morts par encéphalopathie d'apparition retardée. Les décès sont survenus en majorité chez des personnes atteintes d'insuffisance rénale, mais le mécanisme reste mal compris et l'espèce est aujourd'hui traitée comme toxique sans exception.

Le pleurote tardif (Sarcomyxa serotina, anciennement Panellus serotinus) est le troisième à connaître, sans gravité comparable : amer et de comestibilité douteuse. Son chapeau tire sur l'olivâtre avec une cuticule gélatineuse, ses lames sont jaune orangé et serrées, son pied court et trapu. Il pousse en automne et en hiver, c'est-à-dire exactement dans la fenêtre froide qui fait l'intérêt du pleurote en huître.

Pas de règle unique, et méfiance envers celles qu'on lit ailleurs. La couleur des lames écarte l'Omphalotus et le pleurote tardif, tous deux à lames orangées, mais elle ne dit rien du pleurote en oreille, dont les lames sont blanches comme celles du pleurote en huître. Ce qui trie celui-là, c'est le support et l'épaisseur : bois de conifère bien pourri et chair mince presque transparente d'un côté, feuillus et chair ferme et épaisse de l'autre.

Comme tous les champignons sauvages, il ne se consomme pas cru.

Signes d'alerte

Anneau absentVolve absente

Saison

octobre à mars

Altitude — 902 relevés

Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs.
SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)

Risques de confusion — 2 espèces

Pleurote en huître

Pleurotus ostreatus

Hyménium — ne distingue pas

Pleurote en huître : Lames
Pleurote tardif : Lames

Anneau — ne distingue pas

Pleurote en huître : Absent
Pleurote tardif : Absent

Volve — ne distingue pas

Pleurote en huître : Absent
Pleurote tardif : Absent

Mêmes bois morts de feuillus, mêmes consoles imbriquées sur les troncs abattus, saisons qui se recouvrent en fin d'automne : la confusion est fréquente et sans danger, aucune des deux espèces n'étant toxique. Elle coûte un bon comestible contre un champignon amer. La couleur du chapeau tranche presque toujours. Le pleurote tardif tire nettement sur le vert olive ou le brun olive, teinte que le pleurote en huître ne prend jamais : celui-ci va du gris bleuté au brun gris ou au beige, sans trace de vert. Les lames confirment, et c'est le caractère à vérifier systématiquement : blanches à crème chez le pleurote en huître, jaune à orange abricot chez le pleurote tardif. Deux détails achèvent la détermination. Le pied du pleurote tardif, court et épais, est couvert de fines granulations brunâtres bien visibles, alors que celui du pleurote en huître est lisse et blanc. Et sa cuticule est visqueuse par temps humide, là où celle du pleurote en huître reste sèche. Attention à ne pas s'arrêter là. Une console blanche sur bois de conifère n'est ni l'un ni l'autre et peut être le pleurote en oreille, qui est mortel : voir sa fiche.

Voir la fiche : Pleurote tardif

Confusion mortelle documentée

Pleurote en huître

Pleurotus ostreatus

Pleurote en oreille

Pleurocybella porrigens

Mortel

Hyménium — ne distingue pas

Pleurote en huître : Lames
Pleurote en oreille : Lames

Anneau — ne distingue pas

Pleurote en huître : Absent
Pleurote en oreille : Absent

Volve — ne distingue pas

Pleurote en huître : Absent
Pleurote en oreille : Absent

Deux consoles blanchâtres sans pied véritable, poussant en troupes serrées sur du bois mort, aux mêmes mois et dans les mêmes forêts. Les lames sont blanches chez l'une comme chez l'autre : le critère de couleur des lames, souvent cité pour les pleurotes, est aveugle à cette confusion. Et elle oppose un bon comestible à une espèce mortelle. Deux caractères la tranchent, et tous deux se vérifient à la main. L'épaisseur de la chair d'abord. Celle du pleurote en huître est ferme et nettement charnue, elle résiste sous le doigt. Celle du pleurote en oreille est très mince, fragile, presque translucide sur la marge quand on la présente à la lumière. Le support ensuite. Le pleurote en huître pousse sur bois de feuillu, hêtre et peuplier en tête. Le pleurote en oreille pousse sur bois de conifère bien décomposé, épicéa et sapin, souvent moussu et gisant au sol. Cette préférence est nette mais ne vaut pas garantie à elle seule : c'est un indice, à croiser avec la chair. La couleur du chapeau aide quand elle est présente : le pleurote en huître est gris bleuté à brun gris ou beige, le pleurote en oreille est blanc pur puis jaunissant en vieillissant. Un chapeau franchement coloré n'est pas le sosie mortel, mais un chapeau blanc ne suffit pas à conclure dans l'autre sens. En cas de doute, ne pas ramasser : l'intoxication au pleurote en oreille se déclare quelques jours à quelques semaines après le repas, en moyenne une semaine, bien au-delà du délai qui ferait faire le lien.

Voir la fiche : Pleurote en oreille

Description

Champignon en console — fixé au bois par le flanc, sans pied dressé — poussant en touffes étagées sur le bois mort, surtout sur hêtre et peuplier. Chapeau en forme de coquille d'huître, gris beige à brun bleuté, lames blanches nettement décurrentes sur un pied latéral rudimentaire, quand il y en a un.

C'est l'une des rares espèces à fructifier par temps froid : il sort tard et résiste au gel, ce qui prolonge la saison bien après les autres.

Il est cultivé industriellement depuis la Première Guerre mondiale, ce qui le rend familier de tous, mais le pleurote sauvage se ramasse sur pied mort ou mourant, jamais au sol.

Chapeau — 4 à 20 cm, parfois jusqu'à 30. En éventail ou en coquille d'huître, déprimé à l'insertion, la marge d'abord enroulée puis lobée et ondulée. Surface lisse et soyeuse. Couleur variable : beige, gris, gris brun, parfois lavé de bleuté chez les jeunes exemplaires.

Pied — Rudimentaire ou absent, latéral, blanc, plein et tenace, jusqu'à 4 cm. L'insertion se fait directement sur le bois.

Chair — Blanche à gris blanchâtre, fine près de la marge, fibreuse et tenace avec l'âge. Tendre et bonne chez le jeune, coriace et âcre chez le vieux.

Odeur — Agréable, un peu amandée, rappelant aussi le polypore.

Habitat

En touffes étagées sur bois mort ou mourant de feuillus, surtout hêtre et peuplier, plus rarement sur conifères. Troncs, souches, arbres blessés. Il fructifie par temps froid et tient jusqu'en hiver.

Se développe sur

Hêtre Fagus sylvaticaPeuplier Populus

Cycle de croissance

Croissance3 à 5 jours

Chiffres issus de la culture et non de la forêt : sur substrat ensemencé, les primordiums apparaissent en 7 à 12 jours et la récolte suit 3 à 5 jours plus tard.

La fructification sauvage est plus lente et plus irrégulière, parce qu'elle dépend de l'état du bois et de la température. L'espèce fructifiant par temps froid, une touffe repérée peut tenir plusieurs semaines en fin de saison.

Ordre de grandeur, non mesuré sur cette espèce. Source : Documentation de culture du pleurote (Les Myconautes, Tamas champignons)

Galerie

Pleurote en huître (Pleurotus ostreatus)

Colonie étagée sur un tronc : les chapeaux en coquille se recouvrent, lames blanches décurrentes visibles dessousHamilton · CC BY-SA 3.0

Pleurote en huître (Pleurotus ostreatus)

Console fixée au tronc par un pied latéral rudimentaire, chapeaux gris beige superposésCharl de Mille-Isles · CC BY 2.0