Aller au contenu
Russule charbonnièreBon

Champidex Catalogue Russule charbonnière

Russule charbonnière

Russula cyanoxantha

Russulaceae, genre Russula

Russule charbonnière (Russula cyanoxantha)

Violet gris et vert olive panachés sur un même chapeau, pied blanc : la variabilité de couleur qui déroute les débutantsJerzy Opioła · CC BY-SA 4.0

Identité et caractères

Bon

La règle du genre avant celle de l'espèce. Le genre Russula compte des dizaines d'espèces et aucune n'est mortelle en Europe, mais plusieurs sont âcres et provoquent des troubles digestifs marqués. L'usage mycologique est de ne retenir que les russules à saveur douce : une parcelle minuscule de chair mâchée puis recrachée suffit à trancher, une russule âcre ou poivrée se rejette.

Pour la charbonnière elle-même, le critère complémentaire est celui des lames : souples et grasses, elles ne se brisent pas. Une russule à lames cassantes n'est pas une charbonnière.

Les sosies décrits, Russula grisea, R. aeruginea et R. versicolor, ne sont pas dangereux.

Une exception à connaître, parce qu'elle contredit la règle de la saveur douce donnée plus haut. La russule olivacée (Russula olivacea), douce elle aussi et très commune en Suisse, provoque des troubles digestifs sévères lorsqu'elle est consommée crue ou insuffisamment cuite. La France a suspendu en 2016 sa mise sur le marché à l'état frais pour ce motif. La saveur douce autorise donc à retenir une russule, jamais à la manger crue ni à la cuire à peine.

Reste la confusion qui compte vraiment, et qui ne se joue pas entre russules : les formes vertes de cette espèce et celles de l'amanite phalloïde. Voir la comparaison ci-dessous ; la base du pied se déterre systématiquement.

Signes d'alerte

Anneau absentVolve absente

Saison

juin à octobre

Altitude — 5215 relevés

Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs.
SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)

Risques de confusion — 2 espèces

Confusion mortelle documentée

Russule charbonnière

Russula cyanoxantha

Amanite phalloïde

Amanita phalloides

Mortel

Hyménium — ne distingue pas

Russule charbonnière : Lames
Amanite phalloïde : Lames

Anneau

Russule charbonnière : Absent
Amanite phalloïde : Présent

Volve

Russule charbonnière : Absent
Amanite phalloïde : Présent

Les formes vert bleuté de la charbonnière et les formes vertes de l'amanite phalloïde se ressemblent de loin, et la confusion se joue entièrement sur le pied. Déterrer la base systématiquement : l'amanite phalloïde porte un anneau en jupe et une volve blanche en sac, souvent enfouie dans la litière, quand la charbonnière n'a ni l'un ni l'autre. Le pied ensuite : celui de la russule casse net, comme un bâton de craie, celui de l'amanite est fibreux et se déchire en filaments. Enfin l'insertion des lames, libres chez l'amanite, où elles s'arrêtent avant d'atteindre le pied, attachées à lui chez la charbonnière. Le test des lames souples, qui est le caractère de reconnaissance de la charbonnière, ne sert à rien ici : il la distingue des autres russules, pas d'une amanite, dont les lames sont souples également. Un champignon à lames blanches dont on n'a pas vu la base déterrée ne se ramasse pas.

Voir la fiche : Amanite phalloïde

Russule charbonnière

Russula cyanoxantha

Hyménium — ne distingue pas

Russule charbonnière : Lames
Russule olivacée : Lames

Anneau — ne distingue pas

Russule charbonnière : Absent
Russule olivacée : Absent

Volve — ne distingue pas

Russule charbonnière : Absent
Russule olivacée : Absent

Deux grosses russules des mêmes hêtraies, l'une bonne comestible et l'autre toxique, et toutes deux à saveur douce : le test du goût ne les sépare pas. Trois caractères s'en chargent, et il faut les lire ensemble. Les lames d'abord. Celles de la charbonnière sont souples et grasses au toucher, elles plient sous le doigt sans se briser. C'est le caractère qui lui vaut son autre nom, et il est unique dans le genre. Celles de l'olivacée sont fragiles et cassent comme celles des autres russules, et leur arête se souligne de rouge vers la marge du chapeau, ce que la charbonnière ne fait jamais. La sporée ensuite : blanche chez la charbonnière, franchement jaune chez l'olivacée. Une lame déposée une nuit sur du papier tranche la question. Le pied enfin : blanc et pur chez la charbonnière, lavé de rosé lilacin au moins sous les lames chez l'olivacée.

Voir la fiche : Russule olivacée

Description

La plus estimée des russules, et l'une des espèces les plus observées de Suisse. Son chapeau change de couleur d'un exemplaire à l'autre, violet, gris violacé ou vert bleuté, souvent panaché sur le même pied, ce qui déroute les débutants.

Le caractère qui la fait reconnaître n'est pas sa couleur mais ses lames : souples, grasses au toucher, elles plient sans se casser là où celles de toutes les autres russules sont cassantes comme de la craie. C'est un test qui se fait du bout du doigt, sur place.

Chair douce, sans âcreté, ce qui la range du côté des russules consommables.

Chapeau — 5 à 15 cm, hémisphérique puis étalé et déprimé au centre. Couleurs très variables : bleu violet, gris violacé, vert bleuté, souvent mêlées sur le même chapeau. Surface fibrilleuse et veinée radialement, mate à sec, luisante et visqueuse par temps humide. Cuticule séparable sur un tiers du rayon.

Pied — 5 à 10 cm pour 1,5 à 3 cm, cylindrique, blanc, parfois lavé de rosé. Surface faiblement veinée-réticulée dans le sens de la longueur.

Chair — Blanche, grisonnant parfois dans le pied. Saveur douce, sans âcreté.

Odeur — Faible, non caractéristique.

Habitat

Forêts de feuillus et bois mêlés, surtout sous hêtre, également sous épicéa. Sols légèrement acides et riches. Très commune en Suisse, de la plaine à la montagne.

En symbiose avec

Hêtre Fagus sylvaticaÉpicéa Picea abiesChêne Quercus

Galerie

Russule charbonnière (Russula cyanoxantha)

Deux exemplaires côte à côte, l'un presque blanc et l'autre gris verdâtre : la couleur du chapeau varie d'un pied à l'autreJean-Pol GRANDMONT · CC BY 3.0

Russule charbonnière (Russula cyanoxantha)

Chapeau gris verdâtre à côté d'un exemplaire retourné : lames blanches serrées sur un pied blancMediAtta, recadrage Ak ccm · CC BY-SA 3.0