Comestible apprécié, sans toxicité connue. Deux réserves néanmoins.
Le bolet bai accumule le césium radioactif (césium 137) davantage que la plupart des autres champignons, principalement dans la cuticule brune du chapeau, héritage des retombées de Tchernobyl, qui ont touché la Suisse de façon inégale selon les régions. Peler le chapeau réduit nettement la contamination. Les quantités en jeu restent modestes pour une consommation occasionnelle, mais la cueillette de grandes quantités dans les régions les plus touchées mérite d'être modérée.
Par ailleurs, la chair devient molle et flasque chez les exemplaires âgés : privilégier les jeunes, et retirer le pied fibreux des sujets mûrs.
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Les deux ont un chapeau brun qui prête à confusion de loin. Le bolet bai a des pores jaunes qui bleuissent nettement et rapidement à la pression, et un pied lisse sans réseau. Le bolet amer ne bleuit jamais, ses pores rosissent avec l'âge, et son pied porte un réseau brun à larges mailles. La saveur tranche également : douce chez le bolet bai, très amère chez le bolet amer.
Bon comestible, abondant et très ramassé, souvent considéré comme le meilleur substitut du cèpe quand celui-ci manque.
Il se reconnaît à son chapeau brun châtain uniforme, luisant comme du bois ciré. Et surtout à ses pores jaunes, qui bleuissent nettement et rapidement dès qu'on les touche : un réflexe d'identification simple et fiable.
Il n'a pas de sosie dangereux connu, ce qui en fait une espèce de cueillette relativement sûre, mais il accumule le césium radioactif plus que la plupart des autres champignons.
Chapeau — 5 à 15 cm, hémisphérique puis convexe et enfin étalé. Brun bai à brun châtain assez uniforme, parfois brun noirâtre. Un peu visqueux par temps humide, sec et feutré par temps sec, prenant alors l'aspect du bois poli. Couleur immuable.
Pied — 5 à 12 cm pour 1 à 4 cm, cylindrique, brun clair à ocre roussâtre sur fond jaune, fibrilleux. Entièrement lisse, sans aucun réseau, critère qui le sépare du bolet amer. Devient fibreux et coriace chez les exemplaires âgés, qu'on a intérêt à laisser sur place.
Chair — Blanchâtre à jaune crème, ferme chez le jeune puis molle avec l'âge. Elle ne bleuit pas ou très faiblement à la coupe, alors que les pores bleuissent nettement : c'est la combinaison qui compte. Saveur douce.
Odeur — Faible, agréable, rappelant celle du cèpe.
Habitat
Forêts de conifères surtout, sous épicéa, sapin et pin, parfois sous feuillus. Recherche les sols acides et non calcaires, dans la mousse ou l'humus des forêts fraîches et humides. Abondant certaines années. Aucune des sources consultées ne donne de fourchette d'altitude pour la Suisse.