Toxique. Contient de la muscarine et provoque un syndrome muscarinien, dit aussi sudorien : transpiration abondante, salivation, larmoiement, nausées, vomissements, diarrhées, ralentissement du rythme cardiaque, et dans les cas sévères une gêne respiratoire.
Le délai est court, souvent moins de deux heures, parfois trente minutes. Ce début rapide distingue ce syndrome de celui des amanites à amatoxines, dont la latence dépasse six heures, mais il ne le rend pas bénin : le traitement fait appel à la réhydratation et à l'atropine, et l'issue peut être grave chez une personne fragile, un enfant ou un animal domestique. En cas d'ingestion, appeler le 145 (Tox Info Suisse).
Tous les petits clitocybes blancs des prés sont à considérer comme toxiques : les distinguer entre eux relève de la microscopie, pas de la cueillette.
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Confusion sérieuse : même milieu herbeux, même petite taille, même chapeau blanchâtre. Deux critères, à vérifier ensemble. Les lames : décurrentes et rosissant nettement avec l'âge chez le meunier ; serrées, à peine décurrentes et restant blanches à crème chez le clitocybe blanchi. L'odeur : forte odeur de farine fraîche chez le meunier ; farineuse mais faible, parfois de concombre, chez le clitocybe. Une sporée déposée sur du papier tranche définitivement, rose saumoné contre blanche. Au moindre doute sur un petit champignon blanc des prés, ne pas consommer.
Les deux poussent dans l'herbe des mêmes prés, à la même saison, et forment tous deux des ronds : la confusion est donc facile et l'enjeu sérieux. Les lames : espacées, épaisses et échancrées chez le mousseron, serrées et légèrement décurrentes chez le clitocybe blanchi. Le pied : coriace et élastique chez le mousseron, qui se tord sans casser, cassant et non tenace chez le clitocybe. Le chapeau : roux pâle à fauve et longtemps mamelonné chez le mousseron, blanc givré et déprimé au centre chez le clitocybe. L'odeur enfin, de foin coupé ou d'amande chez le mousseron, farineuse ou de concombre chez le clitocybe.
Petit champignon blanc des pelouses et des prés, fortement toxique, et d'autant plus dangereux qu'il pousse exactement là où l'on ramasse le mousseron, en formant parfois lui aussi des ronds. Sa taille modeste et son allure banale le font passer inaperçu ; c'est l'une des causes classiques d'intoxication chez les enfants et les animaux domestiques, qui l'attrapent sur une pelouse. Il contient de la muscarine et provoque un syndrome à début rapide, contrairement aux amanites mortelles.
Sa taxonomie est instable : les auteurs traitent souvent Clitocybe rivulosa et Clitocybe dealbata comme synonymes, et une source suisse rattache une partie des récoltes historiques à une espèce décrite plus récemment. La prudence ne change pas : tout petit clitocybe blanc des prés est à considérer comme toxique.
Chapeau — 2 à 6 cm, convexe puis aplani et souvent légèrement déprimé au centre. Blanc, d'aspect givré ou satiné, se tachant d'ocre rosâtre en vieillissant. Hygrophane, marqué de zones d'aspect humide. Un peu gras au toucher par temps humide.
Pied — Court et trapu, 1 à 4 cm pour 0,3 à 1 cm, blanc devenant roussâtre avec l'âge, fibrilleux et soyeux. Sans anneau. Il n'est pas coriace et ne se tord pas : c'est l'un des critères qui l'opposent au mousseron.
Chair — Mince, blanche à crème ochracé, élastique. Saveur douce, qui ne renseigne en rien sur la toxicité.
Odeur — Farineuse, parfois décrite comme rappelant le concombre, avec chez certains exemplaires de légers relents spermatiques.
Habitat
Pelouses, prairies, parcs, jardins, bords de chemins et de routes, lisières sous feuillus. Affectionne les sols riches en nutriments et les milieux rudéraux. Pousse en groupes, parfois en cercles, dans les mêmes stations herbeuses que le mousseron. Aucune des sources consultées ne donne de fourchette d'altitude pour la Suisse.