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MousseronBon

Champidex Catalogue Mousseron

Mousseron

Marasmius oreades

Aussi appelée Marasme des Oréades, Faux mousseron, Mousseron d'automne · Marasmiaceae, genre Marasmius

Mousseron (Marasmius oreades)

Carpophores dans l'herbe, chapeaux mamelonnés et pieds élancésLord Mayonnaise (Mushroom Observer) · CC BY-SA 3.0

Identité et caractères

Bon

Bon comestible, mais deux précautions.

La chair contient des composés cyanogènes en faible quantité : les sources suisses recommandent une cuisson suffisante et déconseillent la consommation crue. Le séchage, usage traditionnel de l'espèce, ne pose pas de problème.

Surtout, le milieu impose la vigilance. Le mousseron pousse dans l'herbe des prés, exactement là où se rencontrent des espèces toxiques de petite taille, clitocybes blancs et inocybes, et où MycoDB signale aussi le risque de confondre avec de petites lépiotes mortelles à lames blanches et libres. Ne ramasser que des exemplaires dont le pied coriace se tord sans casser, et écarter tout chapeau blanc.

Signes d'alerte

Anneau absentVolve absente

Saison

mai à octobre

Altitude — 1670 relevés

Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs.
SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)

Risques de confusion — 2 espèces

Confusion mortelle documentée

Lépiote brun-incarnat

Lepiota brunneoincarnata

Mortel

Hyménium — ne distingue pas

Mousseron : Lames
Lépiote brun-incarnat : Lames

Anneau

Mousseron : Absent
Lépiote brun-incarnat : Présent

Volve — ne distingue pas

Mousseron : Absent
Lépiote brun-incarnat : Absent

Confusion mortelle, et elle a déjà tué : plusieurs décès sont rapportés chez des cueilleurs qui avaient pris la lépiote brun-incarnat pour un mousseron. Les deux poussent dans le même gazon, aux mêmes saisons. Le chapeau tranche : nu, lisse et d'un brun pâle uniforme chez le mousseron ; couvert d'écailles brunes tranchant sur un fond plus clair chez la lépiote brun-incarnat, dont le chapeau atteint 6 cm environ, autant qu'un grand mousseron. Le pied ensuite : coriace et élastique chez le mousseron, il se tord sans casser, et c'est le meilleur critère de terrain ; cassant chez la lépiote, teinté de rose brunâtre et marqué d'une zone annulaire brun sombre. Un dernier caractère suffit à lui seul : le mousseron n'a jamais d'anneau, la lépiote brun-incarnat en porte un, même réduit et fugace. Devant tout petit champignon écailleux à anneau poussant dans l'herbe, ne pas ramasser.

Voir la fiche : Lépiote brun-incarnat

Clitocybe blanchi

Clitocybe rivulosa

Toxique

Hyménium — ne distingue pas

Mousseron : Lames
Clitocybe blanchi : Lames

Anneau — ne distingue pas

Mousseron : Absent
Clitocybe blanchi : Absent

Volve — ne distingue pas

Mousseron : Absent
Clitocybe blanchi : Absent

Les deux poussent dans l'herbe des mêmes prés, à la même saison, et forment tous deux des ronds : la confusion est donc facile et l'enjeu sérieux. Les lames : espacées, épaisses et échancrées chez le mousseron, serrées et légèrement décurrentes chez le clitocybe blanchi. Le pied : coriace et élastique chez le mousseron, qui se tord sans casser, cassant et non tenace chez le clitocybe. Le chapeau : roux pâle à fauve et longtemps mamelonné chez le mousseron, blanc givré et déprimé au centre chez le clitocybe. L'odeur enfin, de foin coupé ou d'amande chez le mousseron, farineuse ou de concombre chez le clitocybe.

Voir la fiche : Clitocybe blanchi

Description

Petit champignon des prés, très apprécié et facile à sécher, qui pousse en groupes serrés ou en cercles, les fameux ronds de sorcière.

On n'en consomme que le chapeau : le pied est trop coriace. Cette ténacité du pied, qui se tord sans casser, est justement le meilleur critère d'identification, et celui qui le sépare des petits clitocybes blancs toxiques poussant dans le même gazon.

Une cueillette de prairie n'est jamais anodine : plusieurs espèces dangereuses partagent exactement ce milieu.

Chapeau — 2 à 6 cm, d'abord campanulé puis étalé mais restant longtemps mamelonné au centre, avec un bouton bien visible. Roux pâle à fauve un peu carné, chamois ou brunâtre, blanchissant par temps sec. Marge souvent cannelée ou festonnée.

Pied — 4 à 10 cm pour 0,2 à 0,6 cm, cylindrique, élancé, crème un peu roussâtre à la base. Creux mais élastique et remarquablement coriace : il se tord sur lui-même sans se rompre. C'est le critère décisif face au clitocybe blanchi, dont le pied casse net. On le jette à la cuisine, ou on le garde pour parfumer un bouillon.

Chair — Mince, pâle, élastique, résistante à la dessiccation : le carpophore se déshydrate puis reprend forme après une pluie.

Odeur — Caractéristique, de foin coupé puis de sciure fraîche, avec une note d'amande amère dite cyanique. Saveur douce.

Habitat

Prairies, pâturages, pelouses, parcs et jardins, bords de chemins et clairières, toujours dans l'herbe. Forme des cercles qui s'élargissent d'année en année, ou des files suivant les racines superficielles. Aucune des sources consultées ne donne de fourchette d'altitude pour la Suisse.

Galerie

Mousseron (Marasmius oreades)

Exemplaires dans l'herbe, dont deux retournés : lames épaisses et espacées sur des pieds fins et tenacesSvencapoeira · CC BY-SA 4.0

Mousseron (Marasmius oreades)

Troupe dans le gazon : l'espèce pousse en groupes serrés et en cercles, les ronds de sorcièrePiotrus · CC BY-SA 3.0