Ne jamais ramasser de petite lépiote. C'est la règle énoncée par les sources suisses, et elle est absolue : plusieurs petites espèces du genre Lepiota contiennent des amatoxines et sont mortelles. Les jeunes coulemelles encore fermées, en forme de baguette de tambour, sont précisément le stade où la confusion est possible : mieux vaut les laisser et ne ramasser que des chapeaux bien étalés de plus de 10 cm.
Vérifier les quatre caractères ensemble : grande taille, chapeau écailleux, pied chiné, anneau coulissant. Un seul d'entre eux ne suffit pas, et les écailles peuvent être lavées par la pluie.
Le pied ne se consomme pas : fibreux et coriace.
Pas de consommation crue. L'anneau, parfois grignoté cru sous le nom de « part du roi », ne fait pas exception : la règle générale reste de cuire. L'annexe 4 de l'ODAlOV chiffre cette cuisson pour la mise sur le marché : « cuire ou griller au moins 20 minutes », et ne préparer que le chapeau.
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Confusion mortelle, et la raison d'être de la règle « ne jamais ramasser de petite lépiote ». La taille d'abord : la lépiote brun-incarnat atteint au plus 6 cm de chapeau environ, la coulemelle adulte en fait 10 à 25, mais une jeune coulemelle encore fermée peut être petite, d'où la règle. Le pied ensuite : chiné comme une peau de serpent chez la coulemelle, sans chinure et orné d'une guirlande rosâtre chez la lépiote brun-incarnat. L'anneau enfin : double, épais et coulissant chez la coulemelle, réduit à une zone fibrilleuse fugace chez la lépiote brun-incarnat. Le milieu ne sépare pas les deux : toutes deux poussent dans l'herbe.
Confusion sans gravité, la lépiote déguenillée étant comestible, mais utile à trancher. Le pied : nettement chiné chez la coulemelle, lisse ou finement fibrilleux chez la lépiote déguenillée. La chair : blanche et immuable chez la coulemelle, virant franchement au rouge safran puis au brun rouge à la coupe ou au grattage chez la lépiote déguenillée. La taille et le port sont aussi plus élancés chez la coulemelle.
Confusion possible sur les jeunes exemplaires encore fermés, les deux portant un chapeau orné et un anneau. Deux caractères tranchent. La base du pied : simplement bulbeuse et sans volve chez la coulemelle, entourée d'une volve floconneuse surmontée de un à trois bourrelets circulaires chez l'amanite panthère. L'anneau : épais et coulissant chez la coulemelle, fixe et non coulissant chez l'amanite. Le pied chiné ne suffit pas à écarter une amanite : l'amanite phalloïde a souvent le pied chiné elle aussi. Au moindre doute, déterrer le pied entier.
L'une des espèces les plus ramassées de Suisse, et l'une des plus reconnaissables une fois adulte : un grand parasol écailleux perché sur un pied élancé et chiné, avec un anneau épais qui coulisse librement le long du pied. Seul le chapeau se consomme, le pied étant fibreux et coriace.
La règle de sécurité tient en une phrase, énoncée telle quelle par les sources suisses : ne jamais ramasser de petite lépiote. Plusieurs petites espèces du genre Lepiota contiennent les mêmes amatoxines que l'amanite phalloïde et sont mortelles. Une coulemelle se reconnaît à la combinaison de quatre caractères (grande taille, chapeau écailleux, pied chiné, anneau coulissant) et pas à un seul d'entre eux.
Chapeau — 10 à 25 cm, parfois dès 4 cm chez les jeunes encore fermés en forme de baguette de tambour, puis s'étalant en parasol plat avec un mamelon central lisse. Brun gris, couvert de larges écailles retroussées sur fond plus clair.
Pied — 20 à 40 cm pour 1 à 2 cm, très élancé, creux, à base bulbeuse mais sans volve. Sa surface est chinée : mouchetée de fines bandes brunes sur fond clair, comme une peau de serpent. L'anneau est double, épais, blanc, et surtout nettement coulissant : on peut le faire glisser le long du pied avec le doigt. Fibreux et coriace, il se jette.
Chair — Blanche, tendre dans le chapeau, ne rougissant pas ou très faiblement au rosâtre à la coupe, à la différence de la lépiote déguenillée, qui vire franchement au rouge safran.
Odeur — Agréable, noisetée. Saveur douce.
Habitat
Forêts claires, lisières, clairières, prairies, pâturages et bords de chemins, souvent en lisière entre forêt et milieu ouvert. Espèce saprophyte, sans symbiose avec un arbre. En Suisse, rencontrée jusque vers 1500 m d'altitude.
Galerie
Stade « baguette de tambour » : chapeau encore fermé et couvert d'écailles, sur un pied nettement chiné comme une peau de serpentGouwenaar · CC BY-SA 4.0
Deux exemplaires étalés, dont un retourné : lames blanches serrées et anneau épais sur un pied élancéAnRo0002 · CC0