Aussi appelée Morille en dé à coudre · Morchellaceae, genre Verpa
Carpophore en place, chapeau en dé à coudre à côtes longitudinalesChmee2 · CC BY-SA 3.0
Identité et caractères
Toxique
TOXIQUE CRUE OU MAL CUITE. VAPKO, l'association suisse des contrôleurs officiels de champignons, cite explicitement la verpe de Bohême aux côtés de toutes les espèces de morilles dans ses recommandations : cuisson d'au moins 20 minutes, pas plus de 100 g par portion, et jamais de consommation crue ou peu transformée.
Une consommation excessive provoque des troubles gastro-intestinaux et des troubles de la coordination. De rares cas de coma ont été rapportés, et une intolérance à l'alcool après le repas. En 2018, le centre antipoison de Marseille a publié des crises convulsives répétées chez un homme qui avait mangé environ 60 g de verpes modérément cuites, prises pour des morilles. Les vomissements sont venus le lendemain soir, la première crise 33 heures après le repas. La sensibilité varie beaucoup d'une personne à l'autre.
Les avis divergent : certaines sources la disent comestible cuite, d'autres la déconseillent. Le projet retient l'option prudente et la classe toxique.
La gyromitrine, la toxine du gyromitre, est une hypothèse débattue : elle n'a jamais été confirmée ni écartée par analyse. Le tableau clinique du cas de 2018 évoquait le syndrome du gyromitre.
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Confusion de printemps, et elle est mortelle : les deux sortent à la même saison, et Wikipédia signale qu'elle a déjà provoqué des empoisonnements mortels. Le chapeau décide. Chez la verpe, il a la forme d'un dé à coudre, porte des côtes longitudinales épaisses et n'est soudé au pied qu'à son sommet, si bien qu'il pend librement et qu'on peut glisser un doigt entre les deux. Chez le gyromitre, il est massif, plissé en circonvolutions irrégulières façon cervelle, et soudé au pied par sa base. La coupe longitudinale confirme : le pied de la verpe est rempli d'une moelle cotonneuse qui se creuse avec l'âge, le gyromitre est cloisonné de replis internes. Le milieu diffère aussi : forêts alluviales humides sous frêne, orme et noisetier pour la verpe ; sols sableux et acides sous conifères, surtout sous pins, pour le gyromitre. Aucune cuisson ne rend le gyromitre sûr.
Confusion à éviter : la verpe est classée toxique, et des intoxications neurologiques (convulsions, coma) sont rapportées après des verpes prises pour des morilles. Le chapeau de la morille est soudé au pied sur toute sa base ; celui de la verpe n'est attaché qu'au sommet du pied et pend librement comme un dé à coudre, si bien qu'on peut glisser un doigt entre les deux. La surface aussi : alvéoles creusées et séparées par des nervures chez la morille, côtes longitudinales épaisses et sinueuses chez la verpe. Au moindre doute, couper en long : la morille est creuse d'un seul tenant, chapeau et pied soudés.
Champignon de printemps proche des morilles, longtemps ramassé comme telle. Son chapeau n'est attaché au pied qu'à son sommet et pend librement, comme un dé à coudre posé sur un doigt : on peut glisser un doigt entre le chapeau et le pied, ce qui est impossible chez une vraie morille. Sa surface porte des côtes longitudinales épaisses et sinueuses, et non des alvéoles creusées.
Beaucoup la jugent bonne, et c'est là que les sources cessent de s'accorder : d'autres déconseillent franchement d'en manger. VAPKO la range explicitement, aux côtés des morilles, parmi les espèces à préparer avec précaution. Consommée crue, peu cuite ou en quantité, elle provoque des troubles digestifs et des troubles de la coordination.
Ce catalogue la classe « sans intérêt » plutôt que « bon », non parce qu'elle serait mauvaise, mais parce que c'est l'option prudente quand les sources divergent à ce point sur un champ de comestibilité.
Chapeau — 2 à 5 cm de haut pour 2 à 4 cm de large, conique, en forme de dé à coudre. Surface parcourue de côtes épaisses et flexueuses orientées dans le sens de la longueur, sans alvéoles régulières. Brun à ocre, parfois crème ou jaune. Il n'est soudé au pied qu'au sommet et reste libre sur tout le reste de sa hauteur.
Pied — Cylindrique, blanc à crème, d'abord rempli d'une moelle cotonneuse qui se creuse avec l'âge. Il pénètre dans le chapeau sans lui être soudé latéralement.
Chair — Blanchâtre, mince et fragile.
Odeur — Faible, sans caractère marqué.
Habitat
Forêts alluviales et taillis humides, sous frêne, orme et noisetier, sur sols mal drainés. Signalée surtout en région montagneuse. MycoDB la donne fréquente à rare selon les régions. Aucune des sources consultées ne donne de fourchette d'altitude pour la Suisse.