Toxique. La bolésatine est le principal agent en cause. L'intoxication est gastro-intestinale et peut être violente : nausées, vomissements répétés, crampes abdominales et diarrhées parfois sanglantes, survenant dans les heures qui suivent le repas. Les toxines ne sont pas détruites par la cuisson, et l'espèce est particulièrement agressive consommée crue.
À ne pas confondre avec une toxicité mortelle : contrairement aux amanites à amatoxines, il n'y a pas d'atteinte du foie, et l'évolution est celle d'une gastro-entérite sévère. Un délai court entre le repas et les troubles oriente d'ailleurs vers ce type d'intoxication plutôt que vers un syndrome phalloïdien. Cela n'en fait pas un champignon à goûter : en cas d'ingestion, appeler le 145 (Tox Info Suisse).
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
La confusion qui compte, entre un toxique et un comestible qui partagent des pores rouge sang. Le chapeau : blanchâtre à gris clair chez le bolet de Satan, brun foncé à brun chocolat chez le bolet à pied rouge, et ce seul critère suffit presque toujours. Le pied : réseau fin et rougeâtre chez le bolet de Satan, ponctuations rouge vif sans aucun réseau chez le bolet à pied rouge. Le bleuissement enfin : faible, lent et fugace chez le bolet de Satan, immédiat et intense chez le bolet à pied rouge. Trois critères concordants sont nécessaires avant de consommer un bolet à pores rouges.
La VAPKO signale le bolet de Satan comme sosie de tout le groupe des cèpes, cèpe d'été compris, et les deux poussent dans les mêmes chênaies et hêtraies chaudes. Les pores : blancs, puis jaunes et olivâtres chez le cèpe d'été, jamais rouges ; jaunes chez le jeune bolet de Satan, puis vite rouges depuis le pied. Le réseau du pied : blanc à brunâtre chez le cèpe d'été, rouge sur fond jaune à rouge chez le bolet de Satan. La chair : blanche et immuable chez le cèpe, bleuissant faiblement chez le bolet de Satan. Le chapeau du cèpe d'été peut être crème : il ne départage pas. Une trace de rouge, sur les pores ou sur le réseau, exclut le cèpe.
Confusion documentée : des intoxications collectives dans le sud-ouest de la France ont été attribuées à des bolets de Satan pris pour des cèpes de Bordeaux, et la VAPKO la signale pour tout le groupe des cèpes. Les pores d'abord : blancs, puis jaunes et olivâtres chez le cèpe, jamais rouges ; jaunes chez le jeune bolet de Satan, puis vite rouges depuis le pied. Le réseau du pied : blanc et fin chez le cèpe, rouge sur fond jaune à rouge chez le bolet de Satan. La chair : blanche et immuable chez le cèpe, bleuissant faiblement chez le bolet de Satan. Le chapeau aide, brun chez le cèpe de Bordeaux et blanchâtre à gris clair chez le bolet de Satan, mais il ne suffit pas. Une trace de rouge, sur les pores ou sur le réseau, exclut le cèpe.
Bolet toxique, massif et trapu, reconnaissable à l'association d'un chapeau pâle presque blanc et de pores rouge sang.
Rare et localisé en Suisse, il est thermophile et strictement calcicole : on ne le rencontre que dans les hêtraies et chênaies chaudes sur sol calcaire, jamais dans les forêts acides de conifères.
Sa réputation en fait un croquemitaine plus dangereux qu'il ne l'est réellement, puisqu'il provoque des troubles digestifs violents et non une atteinte mortelle.
La vraie difficulté est ailleurs : il se confond avec les bolets à pores rouges comestibles, et le critère qui les sépare est subtil.
Chapeau — 10 à 25 cm, parfois donné à partir de 5 cm selon les sources. Blanc pur chez le jeune, où il évoque une boule de neige, puis blanchâtre, gris mastic à gris-brun clair, parfois taché de rosâtre. Surface sèche et finement feutrée. C'est le seul bolet à pores rouges dont le chapeau soit aussi pâle.
Pied — 5 à 15 cm pour 3 à 10 cm, massif, obèse, nettement renflé à la base. Jaune à orange dans sa partie haute, rose vif à rouge dans sa partie basse, couvert d'un réseau fin et rougeâtre. Ce réseau le distingue du bolet à pied rouge, qui porte des ponctuations et jamais de réseau.
Chair — Blanchâtre à jaunâtre, épaisse. Le bleuissement à la coupe est faible, lent et bref, critère essentiel, car les bolets à pores rouges comestibles bleuissent au contraire fortement et immédiatement.
Odeur — Insignifiante chez le jeune exemplaire, devenant franchement désagréable avec l'âge, décrite comme putride ou rappelant la viande avariée.
Habitat
Forêts de feuillus chaudes et lumineuses, sous hêtre, chêne et charme, exclusivement sur sols basiques et calcaires. Espèce thermophile, rare et localisée en Suisse, absente des régions froides et des forêts acides. Aucune des sources consultées ne donne de fourchette d'altitude pour la Suisse.