MORTEL. L'intoxication courante est gastro-intestinale (nausées, vomissements, diarrhées, crampes), et l'amertume du champignon décourage en pratique d'en avaler une grande quantité. Mais des cas fatals sont documentés.
Les sources divergent sur la gravité, et le désaccord est signalé plutôt que masqué. Wikipédia décrit un simple syndrome gastro-intestinal, dû à des toxines présentes en faible concentration. AWL.ch, côté suisse, le classe comme champignon toxique. MycoDB le qualifie en revanche de mortel, nomme deux toxines (le fasciculol E et la naematoline, un alcaloïde cytotoxique) et rapporte une série d'intoxications survenue au Japon en 1983, avec convulsions et décès d'enfants quelques heures après le repas.
La fiche retient l'option la plus prudente, conformément à la règle des consignes de contenu du projet sur les champs à enjeu de sécurité : en cas de divergence, retenir ce qui protège le plus. Des décès attribués à l'espèce suffisent à justifier « mortel », même si la majorité des intoxications restent digestives.
Dans tous les cas, la conduite est la même : ce champignon ne se consomme pas. En cas d'ingestion, appeler le 145 (Tox Info Suisse).
Tirets rouges : la répartition de l'ensemble des relevés suisses. Une barre qui les dépasse signale une espèce réellement plus présente là qu'ailleurs. SwissFungi (WSL), version 2, via GBIF (CC BY 4.0)
Les deux poussent en touffes serrées sur souche, à la même saison. Les lames : blanches puis crème, parfois tachées de brun, chez l'armillaire ; jaune soufre virant au vert olivâtre chez l'hypholome. La saveur : douceâtre puis légèrement amère chez l'armillaire, franchement et durablement amère chez l'hypholome. Le pied : anneau blanc membraneux bien marqué chez l'armillaire, absence de véritable anneau chez l'hypholome. Le chapeau enfin : jaune miel à brun avec des méchules sombres chez l'armillaire, jaune soufre uniforme chez l'hypholome.
Confusion fréquente puisque les deux poussent en touffes serrées sur souche. Les lames : ocre puis brun cannelle chez la pholiote changeante, jaune soufre virant au vert olivâtre chez l'hypholome ; une teinte verte sur les lames écarte définitivement la pholiote. La saveur : douce chez la pholiote, franchement amère chez l'hypholome. Le pied : squamuleux sous un anneau membraneux chez la pholiote, jaune soufre et sans véritable anneau chez l'hypholome.
L'un des champignons les plus communs de nos forêts, présent presque toute l'année en touffes denses sur les souches de feuillus comme de conifères. Il est toxique, et sa banalité en fait un compagnon permanent de toutes les cueillettes sur bois : il se mêle aux touffes de pholiotes changeantes et d'armillaires.
Deux caractères le trahissent et sont faciles à contrôler : ses lames jaune soufre virant au vert olivâtre, teinte qu'aucun des comestibles voisins ne présente, et sa saveur franchement amère, immédiate en portant un fragment à la langue.
Chapeau — 1,5 à 8 cm, globuleux puis convexe, à marge longtemps enroulée. Jaune soufre à jaune citron, plus foncé et brun orangé au centre. Cuticule lisse.
Pied — 4 à 12 cm pour 0,5 à 1 cm, cylindrique, souvent courbé, jaune soufre s'assombrissant vers le roux à la base. Longitudinalement fibrilleux, portant une cortine verdâtre fugace mais pas de véritable anneau : cette absence d'anneau membraneux l'écarte de la pholiote changeante et de l'armillaire.
Chair — Mince, jaune soufre. Saveur très amère et persistante, critère décisif : porter un fragment à la langue et le recracher suffit à trancher.
Odeur — Faible, un peu terreuse ou de rave.
Habitat
En touffes denses sur souches, troncs et racines de feuillus (le hêtre surtout) comme de conifères (épicéa, pin). Très commun, et fructifiant pratiquement toute l'année, ce qui en fait le compagnon régulier des cueillettes sur bois. Aucune des sources consultées ne donne de fourchette d'altitude pour la Suisse.